7% de mandataires hors-la-loi !

surcharge de mandats et bardafLe Moniteur belge de ce jeudi 14 août 2008 publie la liste des mandats des femmes et hommes politiques belges (disponible ici). Entre impossibles cumuls et oublis, le bilan n’est pas rose. La marge de progression vers plus d’éthique et d’efficacité reste importante.

Les 1118 pages de la liste portent sur les fonctions exercées en 2007. 9000 mandataires devaient remettre leur déclaration pour le 31 mars 2008. 650 ont séché : citons Ingrid Colicis (PS), Rudy Aernoudt (proche socio-économiquement de JM. Dedecker) ou Bernard Clerfayt (MR) ? Des personnalités se montrant pourtant très à cheval sur la transparence politique. Il faudra voir leurs éventuelles répliques : manque de timbre pour poster la déclaration ou manque de temps pour la remplir ?

D’autres ont fait leur devoir mais ont grossièrement oublié des mandats importants. Ainsi, ni Michel Daerden ni son fils Frédéric ne mentionnent leurs intérêts dans les bureaux de réviseurs DC&Co…

Le cumul des mandats n’est pas une question rhétorique. Avoir un mandataire qui a le temps de faire son travail au service de la cité n’est pas un luxe. Comment espérer un débat interne et non des attitudes dictatoriales dans un parti quand le président occupe des mandats conséquents et ne sait pas déléguer ? Comment espérer un minimum de recul dans la prise de décision quand on a le nez sur le guidon en permanence ? Bien entendu, présider le conseil de participation de l’école des ses gamins ne prend pas autant d’heures qu’être Ministre de l’Emploi.

Au niveau des présidents de partis francophones, le hit-parade donne Joëlle Milquet première. La maman du CDH avait 24 mandats en 2007, dont plus de la moitié liée à son échevinat de la Culture à la Ville de Bruxelles. Didier Reynders (MR) suit avec 18 mandats. L’homme qui parle à l’oreille des riches cumule 18 portefeuilles dont la présidence du golf de Bernalmont. Elio Di Rupo, ajoute à son papillon rouge 13 fonctions. Moins importantes en nombre, l’énergie qu’elles réclament est considérable : présidence du 2ème parti francophone et de son centre d’études, bourgmestre véritable de Mons… Enfin, comme le souligne la dépêche Belga, « les plus réticents face aux cumuls demeurent les écologistes ». Isabelle Durant a 4 mandats et Jean-Michel Javaux, 5.

Les conflits d’intérêts sont bien réels. Bien-entendu, le nombre de mandats ne constitue qu’un élément. Au hasard, choisir justement le bureau d’architecture dans lequel on a des billes quand on est échevin des travaux publics ou bourgmestre s’avère inacceptable.

Au niveau records, notons le député SP.A de Flandre occidentale Gunter Pertry avec 64 mandats, Etienne Van Varenbergh (Lennik 2000 – 53), les PS Freddy Thielemans (50), Bernard Toubeau (40 mandats), Jean-François Escarmelle (41), André-Gilles (32), Willy Demeyer (24), le VLD Herman De Croo (40) l’ancien ministre PSC-CDH Jean-Pierre Grafé (25). Le MR Olivier Chastel a cumulé jusqu’à 18 portefeuilles dont 13 payés. Voilà qui est rentable. Proportionnelemnt, certains font mieux et n’ont que des mandats rémunérés : Fadila Laanan (5 sur 5).

Jacques Forest collectionne pas moins de 51 mandats privés (P&V Assurances, Banque Nationale, Assuralia, CNP, Multipharma), ce qui pose aussi question.

Au-delà des listes noires et des amendes (1000€ max pour les contrevenants), la démocratie gagnerait à limiter davantage le cumul des mandats. Rémunérés ou bénévoles, des mandats nombreux ne peuvent exercés correctement par la même personne. Fixons un plafond : 38 heures/semaine sur base annuelle. Partageons le pouvoir entre plus de mains. Evaluons les structures pour ne pas dire les bidules et leur utilité. Certains pourraient aussi être supprimés.

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Nouveau hold-up sur les radios indépendantes

holdupLe plan de fréquences laissait déjà sur le carreau de nombreuses stations de radios indépendantes. Aujourd’hui, la Ministre de l’Audiovisuel Fadila Laanan capture 4 nouvelles fréquences indépendantes et en fait don à un réseau commercial. Et ceci dans la pénombre de la polémique qui entoure l’éviction des machines de guerre nommées Mint, Ciel radio et BFM.

Bien avant la publication du verdict, j’avais dénoncé dans ces colonnes le peu de fréquences (et de puissances) prévues pour les projets de radios associatives, ou à tout le moins, indépendantes des grands groupes de médias. Les indépendantes devaient se contenter des miettes, dès l’appel d’offres: 85 fréquences sur 329.

A l’issue de la procédure de la procédure d’appel d’offre, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA belge) n’a pas attribué 7 des 85 fréquences destinées à des radios indépendantes. Par absence de candidats, mais aussi, il est vrai, par la faiblesse de certains dossiers, pas toujours remplis par des bénévoles passionnés de radios mais pas toujours d’administration.

De là, comme l’avait suggéré seul le groupe parlementaire écologiste, il était possible de conserver ses fréquences en vue d’un nouvel appel d’offres pour les stations indépendantes. Ceci aurait permis de rétablir quelque peu l’équilibre public-privé-indépendant.

Mais voilà: très vite, on a entendu des rumeurs indiquant que ces 7 fréquences seraient versées dans le réseau U2. Rien à voir avec le groupe irlandais: il s’agit de l’ensemble de fréquences destiné à un réseau multi-ville. Le CSA s’apprêtait à l’attribuer à BFM, avant de découvrir que cette station d’info économique qui était opérée dans les locaux de Radio Contact (RTL) jusqu’en juin 2007 pouvait à tout moment devenir la propriété de RTL. Le CSA a reçu une lettre anonyme contenant une convention prévoyant un rachat de BFM par RTL en cas de non remboursement d’un prêt entre les deux stations. BFM reconnaissant la véracité du document, le réseau lui passa sous le nez.

8 fréquences capturées

Comme cela avait déjà été souligné, trouver de nouvelles fréquences était possible. La Communauté française l’a démontré très rapidement: 7 nouvelles fréquences ont été dénichées, dont 2 anciennement dédiées à des radios d’écoles inactives. Le total de fréquences libres était donc, fin juin, porté à 14. Face au faible nombre d’ondes laissées aux indépendantes, une décision favorable à la participation citoyenne aurait été de lancer un nouvel appel d’offres pour des projets citoyens ou à tout le moins, indépendants.

Le gouvernement francophone (PS-CDH) en a décidé autrement. Le 4 juillet 2008, il a capturé 8 des 14 fréquences, les meilleures bien entendu, pour venir renforcer le futur réseau privé U2: Durbuy 106.4 | Herbeumont 105.7 | Houdeng 95.6 | Huy 105.6 | Neufchateau 106 | Perwez 90.1 | Spa : 107.9 |Warneton : 91.7.

Pour que cela ne se voit pas trop (dès fois que l’écran de fumée Mint se lèverait), le gouvernement laisse les miettes aux indépendantes: 6 fréquences (Brugellete 92.9 | Fontaine-l’Evêque 106.6 | Malmedy 90.9 | Quevauchamps 97.7 |Roselies 106,9 |Stockay-St-Georges 106,8). De manière à mettre fin à la saga, ainsi qu’à l’intense lobbying des réseaux privés (qui réclament à présent des fréquences de la RTBF), le CSA doit boucler le tout rapidement: les candidats ont 45 jours, soit avant le 22 août, pour remettre leur volumineux dossier. En plein été, les groupes commerciaux sont mieux armés pour remplir correctement les prescriptions. Les bénévoles des associatives, existantes ou en potentielle création, sont en vacances.

 

miette

 

Pour un réseau radio citoyen

Les semaines et les moins prochains prouveront certainement que de nombreuses fréquences peuvent techniquement être trouvées. En tout état de cause, les autorisations délivrées aujourd’hui sont valables 9 ans. En 2018 au plus tard, de nouveaux appels d’offres seront lancés. Au nom de la diversité du paysage, du pluralisme des opinions, je propose que davantage de fréquences soient réservées aux associatives, qui mènent un essentiel travail de proximité et/ou d’éducation permanente et restent en permanence critiques. Je pense à Panik, Campus ou Air Libre, par exemple.

Pour 2018, je propose que le Gouvernement réserve un réseau entier aux radios associatives à messages. Celles qui offrent un magnifique contre-pouvoir, qui combattent la pensée unique, dont les contenus ne sont pas tenus à la platitude vendable par les régies pub.

Le terreau associatif a tant de talents au km²… Il mérite bien un réseau entier, à but non-lucratif, dont seraient exclues les sociétés autres que coopératives. Trop court pour cet été… Chiche pour 2018 ?

 

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Un conseil Mobib à Wahoub : préfère le vélo au métro !

BIB ! Souriez, vous etes fichesNouveau titre de transport de la STIB, Mobib permettra de tracer en temps réel les mouvements de tout citoyen. Un nouveau danger pour la protection de la vie privée. Oui à l’analyse des flux de voyageurs pour améliorer les transport en commun. Non au caractère nominatif du système. Rendons-le anonyme !

La STIB lance Mobib , une carte rechargeable dotée d’une puce qui me démange déjà. Pour être en règle, le citoyen devra passer son titre de transport à quelques centimètre d’une à l’entrée des stations, des trams et des bus.Il ne faudra donc plus glisser sa carte d’un ou de plusieurs trajets dans un oblitérateur orange assez lent. Quelques secondes de gagnées, grâce à la radio-identication (RFID).

Revers de la médailles: les citoyens qui gardaient auparavant leurs abonnement dans leurs sacs ou leurs portefeuilles devront systématiquement le sortir. Pas seulement pour le valider au départ de chacun de leur trajet, mais également à chaque correspondance. C’était déjà le cas dans le tram ou le bus. Pas encore dans le métro. Cela me fait craindre des files devant les ascenseurs et dès 2010, devant les portiques « de sécurité » que la société des transports installera. Il y a fort à parier qu’il faudra alors aussi pointer pour sortir des bouches de (pré)métro. Ce qui n’existe pas encore. Pas vraiment de quoi nous « simplifier la vie » comme le prétend la STIB.

La STIB saurait tout de vous

En dehors des problèmes de fluidité, une question me semble bien inquiétante.  Imaginez-vous que via Mobib, la STIB saura en temps réel, où, quand et avec qui vous êtes.

La société de droit public assure que ces données ne seront utilisées qu’à des fins statistiques et pour améliorer le réseau. Mais elle ne nie pas conserver les données et les livrer à la police sur demande. Vous avez croisé une copine devant la station Arts-Loi, avez tous deux avancé votre carte Mobib à une seconde d’intervalle et êtes descendues à Montgomery quatorze minutes plus tard, soit à 18h27 ? Mobib le sait ! Vous changez de petite amie ? La Stib savait que vous rentriez à la maison 2 soirs semaines par le tram 81 avec arrêt à Marius Renard avec X, elle pourra observer que maintenant, vous pointez conjointement avec Y.

Tous fichés

Dans un pays où le simple fait d’être soupçonné d’appartenir à ce qu’un concept vague définit comme une « organisation terroriste », la police vous piste. Si vous militez dans un mouvement de gauche, vous êtes suspect (par contre, si vous êtes au Voorpost ou chez Blood&Honor, on fermera les yeux). Même si vous n’avez jamais eu de projet d’attentat. Alors voici un conseil pour Wahoub Fayoumi, la journaliste de la RTBF que notre Etat démocratique vient de détenir durant 3 semaines car elle est communiste, membre du Secours Rouge et que sa photo avait été enterrée sous les salades d’un « terroriste » en Italie :

Wahoub, évite les transports en commun à Bruxelles ! Si tu prends le métro à et que tu descends à Rogier, la police te soupçonnera de faire du repérage pour faire sauter le World Trade Center belge. Si tu t’arrêtes à Flagey un soir de conférence à la Maison de l’Amérique latine, on te soupçonnera de préparer un coup d’Etat en Colombie. Si tu quittes le métro à Eddy Merckx, on pensera que tu envisages un attentat contre le vélo du coureur qui a battu le record de l’heure. Prends le vélo ou marche. C’est plus discret.

Je n’ai pas peur des nouvelles technologies. Je ne suis pas contre un outil statistique qui permette à la STIB d’ajouter des rames quand le métro est bondé, de placer des arrêts après un terminus si de nombreuses personnes y descendent etc. Par contre, je ne vois pas l’intérêt de laisser cette carte Mobib nominative. Pour nous aider à retrouver nos objets perdus ? Laissez-moi rire.

Tous les prétextes sont bons

1984 Georges OrwellJean-Pierre Alvin, le porte-parole des transports, expliquait ce jeudi 3 juillet 2008 sur Télé Bruxelles que celui qui voudrait circuler anonymement pourrait dès février 2009 acquérir des cartes jetables de 1, 5 ou 10 trajets à la pièce ou de 1 ou 3 jours. Comparés aux abonnements, ces titres s’avèrent évidement bien plus chers.

La STIB tente aussi de noyer le poisson. Elle prétend que les cartes de banques traquent déjà nos habitudes. Oui, mais la comparaison est trompeuse : on peut toujours retirer des billets dont personne ne connait l’usage ultérieur.  La société fait aussi allusion aux cartes de fidélité des grands magasins. Là aussi, rien ne vous oblige de les utiliser et certaines enseignes (Delhaize) proposent des cartes anonymes.

Si rien ne nous oblige d’utiliser autant que possible les transports en commun, il en va de notre responsabilité sociale et environnementale. La STIB se comporte comme une société commerciale comme une autre. Elle refuse tout débat sur la généralisation d’une carte Mobib anonyme sans suppléments. Il revient aux responsables politiques de lui rappeler son rôle de service public qui lui impose de montrer le bon exemple en matière de protection de la vie privée.

NB: Le passage du ticket de 1,5 à 1,7€ (+11%) ce 1er juillet 2008 vaudrait bien un billet sur un blog. Tout comme les changements de réseaux, qui compliquent la vie en vous forçant à changer de quai à 20h00 pile et à subir plus de correspondances en journée. A vous !

 

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Sidi Ifni: un exemple à ne pas suivre

Sidi IfniLa petite ville de Sidi Ifni, au Maroc, constitue un récent exemple de répression d’un mouvement social. Pour dénoncer cette situation et avec beaucoup d’autres, j’ai apposé ma signature sous la carte blanche ci-dessous.

Sidi Ifni : le retour des années de plomb au Maroc ?

Le 30 mai dernier à Sidi Ifni, ville portuaire du Sud marocain d’environ 40 000 personnes, s’organisait de manière spontanée un sit-in à l’issue de la proclamation des résultats d’un recrutement public de quelques agents contractuels. Une centaine de « diplômés-chômeurs » laissés sur le carreau entendaient ainsi dénoncer l’absence totale de perspective de développement local malgré les très nombreuses promesses des autorités régionales.

Le 7 juin, après une semaine de blocage du port, un navire débarque avec à son bord des centaines de membres de la Compagnie Mobile d’Intervention. La presse et les associations locales rapportent qu’entre 150 et 300 personnes environ seront arrêtées et conduites les yeux bandés vers une destination inconnue tandis que des forces de l’ordre venues de tout le territoire occupent massivement la ville. D’après les témoignages, des acteurs associatifs, dont le responsable local du Centre marocain des droits humains, auraient été immédiatement interpellés et les protestations de la population violemment réprimées. Sidi Ifni est en état de siège. Dès le lendemain de l’occupation de la ville, une marche pacifique composée essentiellement des femmes de Sidi Ifni est également violemment réprimée. Un effectif de forces de l’ordre de 1300 éléments aurait été déployé selon la presse marocaine.

Associated Press (AP) et Al-Jazira, relayant le Centre marocain des droits humains (CMDH), ont fait état de plusieurs morts. Des vidéos circulant sur internet montrent les forces de l’ordre prenant d’assaut des domiciles et des habitations privés. De nombreuses associations dénoncent les viols et les vols qui auraient été commis lors de ces irruptions dans les maisons de Sidi Ifni. Par ailleurs, des journalistes indépendants marocains rapportent que la police aurait confisqué les outils de communication (GSMs, PCs, etc.) tombés en sa possession afin d’isoler la ville.

Reporter Sans Frontières (RSF) dénonce par ailleurs le retrait de l’accréditation du directeur du bureau de la chaine qatarie au Maroc. Et ce, précise RSF, alors que la Justice marocaine n’a pas encore rendu son verdict dans le procès de ce journaliste co-inculpé, avec un représentant du CMDH, de «diffusion de fausses nouvelles » dans le cadre de la couverture des évènements de Sidi Ifni.

Les Autorités marocaines réfutent en effet tant l’usage d’armes à feux que tout décès survenu lors de leurs opérations. Interpellé par le parlement sur les accusations de viols et de vols émanant de nombreuses associations ainsi que de personnes s’en déclarant victimes, le quotidien marocain Le Soir Echos rapporte que le ministre de l’Intérieur a déclaré: « Jusqu’à présent, nous n’avons pas reçu de plainte officielle sur ces sujets ».

La Chambre des représentants a quand à elle décidé de constituer une commission d’enquête, au motif que les évènements de Sidi Ifni ont « été marqués par des informations et rumeurs contradictoires », confirme un communiqué du Parlement marocain.

Cependant, au regard de toutes les commissions d’enquête qui se sont multipliées sous le pouvoir de Mohammed VI, il convient d’en relativiser la portée. En effet, aucune Commission d’enquête au Maroc, qu’elle constate des violations graves des droits humains ou de simples fraudes, n’a jamais permis de déclencher la moindre action judiciaire. Il nous paraît dès lors aujourd’hui indispensable d’alerter l’opinion publique sur le sort réservé aux habitants de Sidi Ifni.

Par ailleurs, Sidi Ifni n’est pas un cas isolé et témoigne de la propension de plus en plus avérée du régime marocain à réprimer une contestation sociale dont les principales revendications constituent pourtant les fondements même d’un Etat démocratique moderne : la fin de la corruption et le respect des droits politiques, sociaux et économiques les plus élémentaires.

En ce sens, les signataires du présent appel expriment leur pleine et totale solidarité avec la population de Sidi Ifni et condamnent formellement dans son principe toute répression de revendications sociales ou politiques. Nous exigeons dés lors la levée de toutes les mesures d’exception qui frappent encore Sidi Ifni ainsi que la démilitarisation immédiate et inconditionnelle de la ville.

Les signataires réclament également la libération rapide des manifestants encore détenus ainsi que l’abandon de toutes les charges qui pourraient être retenues contre eux.

Enfin, nous demandons une enquête véritablement indépendante et impartiale afin de faire toute la lumière sur les « évènements de Sidi Ifni ». Si une telle enquête devait constater les exactions dénoncées, nous exigeons l’application la plus stricte du droit marocain ainsi que des traités et conventions ratifiés par le Maroc, notamment en cas d’assassinats, de viols, de tortures, de rafles et de perquisitions illégales.

Souhail CHICHAH (Chercheur ULB) -  Aziz MKICHRI (La Voie démocratique-Section de Belgique) - Mohamed BENZAOUIA (Travailleur associatif) - Souhail CHENTOUF (USFP) - Luc VANCAUWENBERGE (Centre International) - Said EL AMRANI (Le Parti Socialiste Unifié- Section de Belgique) - Messaoud OURIAGHLI (PSU) - Mustapha BENTALEB (Conseiller communal Ecolo) - Pierre-Yves LAMBERT - Said ALAMI - Olivier MUKUNA (Journaliste) - Omar EL ABBOUTI (PSU) - Youssef DHAIBA (PSU) - Abdelghani BEN MOUSSA - Rachid ZEGZAOUI - Fatima AGRARI – Ahmed BAKKALI (USFP/ Bruxelles) - Sandrine CORTEN - Nouria OUALI (Chercheure ULB) - Abdelilah LAHBAILI - Abdeslam SARIE (Dounia News) - Elfatmi ALAOUI (PSU) - Dan VAN RAEMDONCK (Professeur ULB) - Mohammed FIKRI - Lucien BELVAUX - Mohamed BELMAIZI (Ecrivain) - Mohamed R’BAIBI (USFP Belgique/Syndicaliste à la FGTB) - Fadi BENADDI - Said LAMKADEM - Fatima GOURADA -Abdelkhaelk Gharrafi ( technicien informatique) - Benedicte HOMERGEN (SOS Migrants ) - Hatim EL ASSRI (SOS Migrants ) - Farida MEHIA (SOS Migrants ) - Francine KOUABLAN (SOS Migrants) - Ali GUISSE (SOS Migrants ) - Abderrazak Lazaar (Militant des droits de l’homme) - Hamid Bousghir (La Voie démocratique-Section de Belgique) - Mhammed Driouach (PSU section Belgique) - Said Boudouira (PSU section Belgique) - Abdelkhalek Gharrafi - Moustapha Qoriche - Moulay Elotmani (Educateur) - Fotoula Ioannidie (Animatrice) - Bob Roeck (Ex-délégué Caterpillar) - David Pestieau (Rédacteur en chef Solidaire) - Katia Van den Broucke (Groen) - Raymond Boucher (Syndicaliste) - Riet Dhont (PTB) - Philippe Santini (Etudiant ULB) - Nordine Saïdi (Mouvement Citoyen Palestine) - Nacira Bouaich - Chris Den Hond (LCR) - Paulette Pierson Mathy (Professeur honoraire ULB) - El Mahdi MADMAD - Karim MAJOROS (Militant ECOLO) - Walter DEVRIENDE (Parlementaire Fédéral Groen) - David COURIER (Journaliste) - Jean-Marie COEN (Porte-parole d’Attac Wallonie-Bruxelles) - Céline Delforge (Parlementaire bruxelloise Ecolo) - Kamal EL MESSAOUDI (Voie démocratique-section de Belgique) - Elizabeth Cohen - Selma Benkhelifa (Avocate) - Abdelhamid Messaoudi - Fouad Lahssaini (Député fédéral Ecolo) - Abdesselam Makhfi - Aouttah Khaled - Mounim Nounouh (militant progressiste) - Sfia Bouarfa (Sénatrice PS) - Saïda Lamouatagh (Attachée parlementaire PS) - Khadija Agday (Citoyenne marocaine) - Pedro DA NOBREGA (France)

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Carte blanche contre une loi dangereuse

logo solidariteAvec une centaine d’autres personnes et organisations de divers horizons, je suis signataire d’une carte blanche d’opposition aux lois anti-terroristes indignes de notre pays. Ce texte est paru dans La Libre Belgique de ce samedi 28 juin 2008. Je la reproduis ici en intégralité.

La pétition attend votre soutien sur le site de Solidarité avec les 5 solidaires (S5S).

La « bande » a bon dos

Un nouveau pétard mouillé pour justifier les lois liberticides

Le 5 juin, la Belgique était tirée du sommeil par une nouvelle « alerte terroriste ». Quelques personnes avaient été réveillées un peu plus tôt. A 5h, des unités « anti-terroristes » débarquaient chez Wahoub Fayoumi, Pierre Carette, Betrand Sassoye, Virgine D. (relâchée le soir même) et Constant Hormans pour les appréhender et perquisitionner chez eux. Abdallah Ibrahim Abdallah, lui aussi recherché, se rendit de lui-même au commissariat. Le 6 juin, c’était au tour de Jean-François Legros d’être interpellé.

Des arrestations sans convocation préalable, menées par des policiers cagoulés, armés et n’hésitant pas à braquer leurs armes sur des mineurs. PC, GSM et quantité de documents saisis. Ecoutes téléphoniques, surveillance des déplacements et des comptes bancaires. Des « suspects » transportés, sirènes hurlantes, visage masqué et menottes aux poings vers un lieu secret, sans possibilité de contact avec leurs proches ni avec des avocats, soumis à un régime de détention spécial… Ces méthodes laissaient entendre que de dangereux individus auraient été interceptés.

Au compte-gouttes, le Parquet fédéral divulgua des « informations » dont le relais médiatique suscita des interprétations délirantes, nourries d’amalgames, d’anachronismes, de sensationnalisme et de fantasmes. Il fût ainsi question de deux anciens membres des CCC qui n’auraient pas respecté leurs conditions de libération et auraient eu l’intention de se reformer ou de « replonger dans le terrorisme » via une organisation italienne — qui n’existe pas en tant que telle et qui n’a fait l’objet d’aucune condamnation (c’est l’hypothétique intention de créer cette organisation qui est à l’instruction en Italie). Le scénario de tous les dangers fut entretenu par les descriptions des autres personnes interpellées : deux redoutables « grands bandits » et un mystérieux « Libanais », une journaliste présentée par pure spéculation comme la compagne de Carette. Selon l’hypothèse du Parquet fédéral, des explosifs auraient été retrouvés dans la « planque » de Sassoye ; une réunion aurait rassemblé les « suspects » et des « terroristes » italiens ; la justice italienne aurait transmis des écoutes téléphoniques compromettant les militants belges ; des courriels émis par Sassoye étaient cryptés…

Mais ces « preuves » ne résistent pas à l’analyse. Et les pièces du « dossier terroriste » s’écroulent les unes après les autres…

Les CCC n’existent plus depuis 1986. Les faits et gestes de leurs ex-militants sont connus de tous, notamment de leurs agents de probation qui n’ont jamais signalé de contravention à leurs conditions de libération. Carette, mis dans le même panier que Sassoye pour créer l’amalgame « CCC », n’est en fait pas lié à l’enquête qui a suscité les arrestations. Il a d’ailleurs été libéré ce 18 juin par le tribunal d’application des peines.

Les « explosifs » trouvés lors de la perquisition à la brasserie où travaille Sassoye n’étaient que de simples feux d’artifice achetés pour une fête de mariage.

La « réunion » où certains inculpés auraient rencontré des « terroristes » italiens s’est avérée une conférence publique dans un café du centre-ville dont la vidéo a été postée par ses organisateurs sur Internet.

Les écoutes téléphoniques italiennes relatives aux militants belges semblent en réalité n’avoir jamais existé : la justice italienne a seulement transmis des comptes rendus « d’écoutes d’environnement » dans un café, où sont évoqués des « flamands efficaces » sans aucun nom cité. Aucun des arrêtés de juin n’est d’ailleurs néerlandophone.

Quant au cryptage des courriels, il s’agit d’un procédé non seulement légal, mais aussi conseillé face au piratage et pratiqué par des banques, des ONG…

Il apparaît que les données rassemblées et la surveillance intrusive effectuée pendant un an grâce aux « méthodes particulières de recherche » n’ont pas révélé un seul élément justifiant cette opération musclée. Rien, si ce n’est quatre photos d’identité retrouvées sous des salades en Italie. Rien qui légitime arrestation ou détention préventive : une simple convocation par la juge aurait suffi.

C’est d’ailleurs ce qu’a confirmé la Chambre du conseil le 11 juin et la chambre des mises en accusation le 26 juin en décidant de libérer trois des quatre inculpés. Mais par l’acharnement du Parquet, qui « veut donner une chance à l’enquête » (sic), quatre personnes restent poursuivies et l’une d’entre elle (Sassoye) est toujours incarcérée. Toute ressemblance avec l’affaire DHKP-C – qui malgré les acquittements se voit repartie pour être jugée une quatrième fois – est purement fortuite…

Pour nous, la question n’est pas de se positionner par rapport aux idées défendues par ces cinq personnes. Leur organisation (Secours Rouge) développe des activités publiques et légales de solidarité avec des victimes de la répression politique. Leur démarche s’inscrit dans une optique marxiste mais, jusqu’à nouvel ordre, cela n’est pas (encore) illicite dans un Etat de droit.

Nous ne pouvons accepter la répression de ces militants en raison de leurs seules idées et sympathies, pas plus que le message adressé à la population sur leur dos. La justice n’a rien à leur reprocher, si ce n’est des « délits » d’opinion, de solidarité et d’association, institués par les lois anti-terroristes en vigueur depuis 2003, alors que la Constitution et les conventions internationales garantissent ces droits fondamentaux.

Il serait aussi trop facile de se désintéresser du sort des « cinq solidaires » sous prétexte du passé judiciaire de certains. Ils ont été jugés et la justice ne revient pas sur la chose jugée. Ressortir leur passé aujourd’hui n’a d’autre objectif que d’effrayer la population autour d’un scénario monté de toutes pièces par le Parquet fédéral.

Il faut arrêter cette nouvelle mise en scène menée au nom de la « lutte anti-terroriste ». On se rappellera que, jusqu’ici, toutes les menaces invoquées à ce titre se sont révélées inconsistantes (la dernière en date étant l’alerte de niveau 4 qui a perturbé les fêtes de fin d’année). Les premières affaires montrent que le Parquet a d’abord essayé d’asseoir la légitimité de ces dispositifs en s’attaquant à des figures supposées moins populaires : communistes, étrangers, musulmans ou anciens auteurs de faits d’armes. S’agirait-il d’inquiéter la population pour mieux pouvoir la rassurer ensuite et justifier les dispositifs non démocratiques et les budgets colossaux déployés au nom du contrôle des populations et de la guerre au terrorisme ?

Les lois anti-terroristes sont des lois d’exception, liberticides. Elles permettent de criminaliser l’opinion politique, le militantisme et la solidarité. De plus, elles sont superflues : les actes qu’elles sont censées réprimer le sont déjà par d’autres dispositions du droit pénal. Ces lois sont dangereuses et produisent des effets néfastes, actuellement bien plus que les prétendues menaces terroristes. Si nous ne réagissons pas, ce sera demain n’importe quelle organisation politique, syndicale, non gouvernementale ou altermondialiste, n’importe quel citoyen engagé ou ayant simplement parlé au cousin de la belle-sœur de l’oncle d’un suspect lointain qui pourra être surveillé, qualifié de terroriste et arrêté.

Liste des signataires :

Ligue des droits de l’homme
UDEP-Bruxelles
Mouvement International de la Réconciliation - Internationale des Résistants à la Guerre (MIR-IRG)
Manuel Abramowicz - Auteur, militant citoyen et délégué syndical CGSP-FGTB
France Arets - Porte-parole du CRACPE (Collectif de Résistance Aux Centres Pour Etrangers)
Laurent Arnauts - Avocat
Joëlle Baumerder - Directrice de La Maison du Livre
Anne Bautier - Psychologue
Emilien Baglio - D’autres Mondes, forum social à la liégeoise
Juliette Beghin - Criminologue ULB
Jean-Louis Berwart - Avocat
Mathieu Bietlot - Société belge des amis d’Aragon
Francis Bismans - Professeur de sciences économiques à l’Université de Nancy2, secrétaire général du Mouvement socialiste
Gueric Bosmans - Fédération bruxelloise des jeunes socialistes
Yannick Bovy - Journaliste
Gwenaël Breës - Journaliste et vidéaste
Didier Brissa - www.missurecoute.be, Une Autre gauche
Maia Chauvier - Comédienne
Claude Debrulle - Juriste et échevin d’Ittre
Didier de Laveleye - Anthropologue
Céline Delforge - Député régionale Ecolo
Chris Den Hond - Reporter, LCR
Vincent De Raeve - Accompagnateur syndical FGTB, écrivain
Freddy Dewille - Conseiller communal du groupe Gauche Anderlues
Didier Dirix - Secrétaire régional Enseignement, FGTB-CGSP Liège
Paul-Emile Dupret - Juriste, GUE/NGL, Parlement européen
Pascal Durand - Professeur à l’ULG
Séverine Dusollier - Professeur FUNDP (Namur)
Julien Dohet - Historien du mouvement ouvrier
Pierre Eyben - Secrétaire politique de la Fédération de Liège du PC
Oscar Flores - CRER
Pascale Fonteneau - Ecrivain
Cristina Gay - Co-porte-parole Une Autre Gauche
Jean Flinker - Membre du CLEA
Pierre Galand - Professeur ULB
Michèle Gilkinet - Présidente de GRAPPE (Groupe de Réflexion et d’Action Pour une Politique Ecologique)
Corinne Gobin - Directrice du GRAID, ULB
José Gotovitch - Historien, chargé de cours honoraire en Histoire ULB
Eric Grandjean - Enseignant
Michel Grétry - Journaliste RTBF
Daniel Hélin - Chanteur
Bernard Hengchen - Maître assistant à la Haute Ecole Charleroi Europe, éditeur de la revue Travailler le social
Francis Houart - LCR-Bruxelles, membre d’ATTAC
Denis Horman - LCR
Marc Jacquemain - ULG
Thierry Jacques - Président du MOC
David Jamar - Chercheur ULB
Jean-Jacques Jespers - journaliste, chargé de cours à l’ULB
Catherine Kestelyn - Déléguées syndicale SETCa Bruxelles
Bahar Kimyongür - Inculpé du procès DHKP-C
Jean-Marie Klinkenberg - Professeur à l’ULG
David Lannoy - Jeunes FGTB
Pierre Lannoy - Chargé de cours ULB
Catherine Lemaître - Conseillère communale Ecolo bruxelles
Arnaud Levêque - Permanent FGTB namur
Cédric Libert - Membre du secrétariat de la Fédération bruxelloise des jeunes socialistes
Karim Majoros - Militant Ecolo
Francis Martens - Psychanalyste
Philippe Mary - Professeur ULB
Gregory Marzec - Secrétaire Centrale-génarale FGTB Charleroi
Jacky Morael - Ancien secrétaire fédéral d’Ecolo, Ministre d’Etat
Anne Morelli - Professeure à l’ULB
Carla Nagels - ULB
Christine Pagnoulle - Chargée de cours à l’Université de Liège, membre d’ATTAC-Liège
Jorge Palma - Chercheur ULG
Jean-Claude Paye - Sociologue
Julien Pieret - Juriste ULB
Jean-François Pontégnie - Co-porte-parole Une Autre Gauche
Yke Raxola - Musicien
Michel Recloux - Bibliothécaire
Nadine Rosa-Rosso - Enseignante et auteur
Yannick Samzun - Secrétaire général du PAC
François Schreuer - Journaliste
Claire Scohier - Criminologue ULB
Miguel Oliveira Silva - Permanent Interprofessionnel FGTB Sud-Hainaut
Olivier Starquit - Militant associatif
Maxime Steinberg - Historien
Isabelle Stengers - Philosophe, ULB
Annick Stevens - Philosophe
Michel Sylin - Chargé de cours ULB
Edgar Szoc - Chercheur
Olivier Taymans - Journaliste
Lise Thiry - Sénatrice honoraire
Cedric Tolley - Sociologue
Nathalie Trussart - ULB
Julien Uyttebroek - Historien et journaliste
Philippe Uyttebroek - Délégué syndical, président CGSP enseignement - régionale de Bruxelles
Dan Van Raemdonck - Professeur ULB et VUB
David Vercauteren - Groupe de Recherche et de Formation Autonomes (GReFA)
Grégoire Wallenborn - Chercheur ULB

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Je suis sûrement un terroriste

MissingA l’heure où le simple fait d’être soupçonné(e) de faire partie d’une organisation dite « terroriste » vous conduit tout droit en prison, chacun devrait s’interroger sur ce que ce terrible terme est censé recouvrir. Dans d’autres périodes de notre histoire ou tout simplement sous d’autres latitudes qui semblent se rapprocher de nos contrées, je peux l’affirmer : je suis sûrement un dangereux terroriste.

Dès ma naissance, c’était tout tracé. J’allais certainement filer tout droit vers mon destin nauséabond : un ami de mes parents, Naïm Khader, s’apprêtait à devenir mon parrain. Quelques balles dans son corps empêcheront très vite le délégué de l’OLP (organisation « terroriste » de libération de la Palestine) d’assister à la cérémonie.

Il faut dire qu’en plus de l’amitié pour Naïm, une longue tradition de terrorisme perdurait dans ma famille. Sous l’occupation nazie, mon bon-papa, Lucien Gueur, s’enfuit de la gare de Charleroi pour échapper au travail forcé en Allemagne. Terroriste ! De son côté, ma grand-mère, Georgette Smolski, participa à la rédaction du Faux Soir, un canard de la Résistance. Terroriste !

Au cours de mon adolescence et de mes études supérieures, je militai dans le mouvement étudiant. A cette époque, Wahoub Fayoumi, aujourd’hui poursuivie pour « terrorisme » en Belgique, finissait ces études. Nous avions une amie commune. Alors que Wahoub travaillait au cabinet de Françoise Dupuis, la ministre de l’enseignement, elle m’arrangea une interview avec  sa patronne. J’ai ensuite continué à soutenir les combats étudiants. Ceci me poussa entre autre à couvrir pour une station de radio privée les protestations des students de l’ULB le jour d’offensive anglo-américaine contre l’Irak. Une action « pro-terroristes » !

Sur ce blog, je suis très critique envers la politique du gouvernement de mon pays. Dans beaucoup de coins du globe, il s’agit de « terrorisme ».

J’ai voyagé à plusieurs reprises au Pays Basque, suis passé au Chiapas lors de mon voyage de noces. Des régions pleines de « terroristes ».

Je travaille dans un syndicat rouge. Dans beaucoup d’Etats, ceci constitue un acte « terroriste ».  Je signe des pétitions et participe à des manifestations pro-réfugiés. Là encore, du « terrorisme ». Je suis membre de plusieurs organisations antifascistes fichées par la Sûreté de l’Etat.

Au cours d’un voyage linguistique au Royaume-Uni (une plaque tournante terroriste), j’ai pris quelques photos avec des camarades italiens. J’ignore ce qu’ils ont fait des clichés. Alors que le ramassage des déchets pose problème au sud de la Botte, j’espère qu’aucun des copains de Broadstairs n’aura eu la mauvaise idée d’enterrer mon portrait dans son potager. Même sans projet d’attentats, certains croupissent en tôle pour rien de plus que cela. On le voit dans le dossier dit des “ex-CCC”.

Un arsenal de lois existe pour condamner la violence, les attentats, les associations de malfaiteurs, le racisme, l’antisémitisme, la détention d’armes…. Dans un Etat de droit, il me semble totalement dangereux de poursuivre les citoyens sur la seule base de leur appartenance à un groupe qui ne partage pas les idées de la masse. Aujourd’hui ce sont eux. Demain, c’est vous ?

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Une marche des mamans pour tourner la page des émeutes

Après le choc négatif des émeutes, fortement ressenti par les citoyens d’Anderlecht, des citoyens lancent un choc positif : une Marche des mamans, pleine d’espoir. Le dimanche 22 juin 2008.

Emeutes, tensions persistantes et présence policière massive ces derniers jours place Saint-Guidon et place De Linde, hélico statique… une bonne partie de la population d’Anderlecht, tous quartiers confondus, vit dans un certain malaise, pour ne pas utiliser le terme surfait de « psychose ». 

Les amis ou les collègues nous demandent si « on est bien vivant », si « on n’a pas trop peur », si « on évite le centre historique de notre commune »… Les médias de Bruxelles, de Belgique et même d’Europe on aussi donné une image déplorable, qui influence la confiance en eux des citoyens, qui les pousse à ressasser des propos négatifs, manquant de perspectives… Les solutions uniquement répressives et simplistes ont tenu le devant de la scène.

Retourner…les clichés

Après le choc « négatif » des émeutes du mois de mai, je pensais qu’il serait utile de créer un choc « positif » rapidement. Je pensais à un événement pour marquer le coup. Quelque chose qui (re)donnerait l’envie aux gens de ma commune d’y croire, d’aimer leur commune, d’aller à la rencontre des autres…

marche des mamans Anderlecht

Cette initiative que j’appelais de mes vœux va voir le jour. Un groupe qui se veut « citoyen » lance la « Marche des mamans ». Dépassant les frontières entre les quartiers, les origines, les âges, les statuts, les langues, les croyances, les partis ou associations… elle reliera le dimanche 22 juin dès 15h, la Maison communale d’Anderlecht (Place du Conseil) au Parc Astrid. Des centaines de personnes, sont attendues, du moins, escomptons-le !

Fleur à la main, maman ou pas, chacun pourra retourner les éléments vus lors des émeutes dans une perspective positive. L’appel se propagera par mail et sms, mais il sera un appel à l’amour. Un blog Skyrock diffusera les dernières infos pratiques. Les pavés dans les rues ne seront plus dépavés mais simplement foulés. Il n’y aura plus deux groupes séparés mais un seul, uni dans un même désir de paix.

RDV dim 22 h. Paix sur 1070. Vi1 avec flEr ! Fé pas c. 

Copie du message qui circule par mail


Sujet :  En réaction aux ‘émeutes’ à Anderlecht
LA MARCHE DES MAMANS
DIMANCHE 22 JUIN 2008

Madame, Monsieur,
Nous nous tournons vers vous, responsables de comités et représentants du monde associatif avec l’espoir que vous et les membres de vos organisations rejoindront “la Marche des Mamans”, le dimanche 22 juin, à Anderlecht.

Suite aux incidents récents qui ont fortement terni l’image de notre Commune, des citoyens anderlechtois ont souhaité réagir de façon positive en proposant une action pluraliste.

Afin de donner à cette manifestation une signification et une spécificité particulières, il a été décidé de lui donner le nom de « Marche des Mamans » parce qu’elle évoque une symbolique liée au
Respect, à l’Education, à la Paix. Cette action pacifique, située sur le territoire d’ Anderlecht, sera vraisemblablement un moment fort dans la vie de notre Commune. Nous attendons à cette occasion
autant de papas et d’enfants que de mamans.

Il est grand temps de dire et de prouver qu’Anderlecht est également une Commune où chacun peut vivre en harmonie avec son voisin. C’est également un message fort à destination des medias : par ce geste collectif, nous démontrerons que ce qui s’est passé est le fait de personnes extérieures et  d’une “hyper-minorité”, déplorable, et absolument non représentative des citoyens anderlechtois.

Cette initiative reçoit l’aval et le soutien enthousiaste du Bourgmestre. Plusieurs Echevins, Conseillers communaux et Conseillers C.P.A.S., de la majorité, comme de l’opposition, ont été mis au courant de notre action et nous ont dit tout leur intérêt pour cette manifestation citoyenne.

D’avance, nous vous remercions pour l’accueil sympathique que vous réserverez à cette manifestation pacifique. Nous organiserons prochainement une réunion d’information et de préparation où vous serez tous invités.

Olivier Fellemans – 0484/911973
Guy Verbruggen – 0486/404980
Email :
Marchedesmamans@hotmail.com

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